Etienne Goulet

1/10/2008

Dénoncer le gouvernement Harper… À n’importe quel prix ?

Les artistes que l’on voit partout dénoncer les coupes en culture du gouvernement Harper répètent souvent qu’ils ne font pas cela pour eux, mais pour les artistes en arts visuels, en littérature ou en danse qui tirent le diable par la queue.

Or, il y a une institution gouvernementale qui a comme mandat d’aider directement les artistes dont le travail n’a pas d’objectif commercial et qui repose davantage sur la recherche et l’expérimentation. Une institution qui aide donc beaucoup d’artistes qui travaillent en marge de la production commerciale.

On l’appelle le Conseil des Arts du Canada…

Or, ironiquement, le budget du Conseil est passé de 150 à 180 millions durant le bref mandat des conservateurs. Une augmentation importante qui bénéficie aux artistes qui sont souvent les plus démunis…

Pourtant, les nombreux artistes qui ont dénoncé les coupes devant les caméras et les micros n’ont jamais, à ma connaisance, mentionné l’augmentation du budget du Conseil des Arts du Canada.

Pourquoi ? Parce-qu’il faut noircir à n’importe quel prix ce gouvernement ?

Dénoncer les coupes et vouloir le départ des conservateurs est tout à fait légitime (c’est mon souhait), mais ce n’est pas en faisant une caricature grossière du gouvernement Harper qu’on y parviendra.

Comment croire, par exemple, qu’un gouvernement qui augmente le budget du Conseil des Arts veut faire taire les artistes, alors que l’institution a la réputation de donner des bourses à des artistes qui suscitent la controverse ?


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© Étienne Goulet   •  Publié à Montréal ( Québec )   •  Réalisé avec WordPress



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