Etienne Goulet

10/08/2007

Liberté d’expression ?

Dans une entrevue donnée à Canoë pour la sortie de son film “Les 3 p’tits cochons", Patrick Huard estime que ceux qui critiquent son passage à la réalisation s’en prennent à sa liberté d’expression. Il joue ici le même jeu qu’Yves Desgagnés. Celui du martyr.

Dans les faits, ça n’a rien à voir avec la liberté d’expression.

Tout le monde peut faire du cinéma. Mais les fonds sont publics… et limités. Avoir accès à ces fonds est un donc un privilège. Et c’est un privilège qui doit être accordé en fonction du talent et de l’expérience. Pas en fonction de la notoriété.

Le commun des mortels doit donc “faire ses preuves” AVANT d’avoir accès à ces fonds. Il doit démontrer un minimum de talent et de maitrise du langage cinématographique. Et c’est un cheminement long et ardu. Tous les gens qui veulent faire des films et qui ne sont pas des vedettes connaissent cette réalité.

Or plusieurs personnalités ont pu faire un premier long métrage sans réaliser une seule minute de cinéma de fiction auparavant. Comment peut-on savoir s’ils ont du talent ?

On donne à des personnalités une chance que n’ont pas les autres. Réaliser un premier film, avec beaucoup d’argent en plus, sans avoir démontré un véritable talent et une maitrise du cinéma de fiction (je précise).

Plusieurs diront qu’on saura bien, après le premier film, si le réalisateur a du talent. Oui c’est vrai. Et je ne serais pas surpris du tout que Patrick Huard en ait. Mais il vaudrait mieux se faire une idée avant. On ne dépense pas des millions de dollars de fonds publics à tout hasard !


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