Etienne Goulet

31/07/2006

irrepressible.info

La campagne irrepressible.info est menée par Amnesty International. Les participants ajoutent sur leur site une bannière qui affiche un court extrait d’un texte censuré dans certains pays. La mienne est en bas à droite.


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7/07/2006

La crise (2)

Voici une lettre signée par une quarantaine de réalisateurs concernant la crise du financement. Elle explique assez bien la situation.


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La crise

Depuis le début de l’année, le cinéma Québécois vit une sorte de lendemain de veille. Au départ il faut dire que sa part de marché à fondu comme neige au soleil depuis le début de l’année, mais il y a plus que ça. Depuis quelque temps c’est la crise. Il n’y a plus d’argent. D’un coté les producteurs qui réclament des millions comme si c’était un droit inscrit à la charte, des réalisateurs qui se demandent si tel ou tel collègue aurait du avoir de l’argent, d’autres comme Robert Lepage qui menacent de s’exiler…

Cette crise se dessinait depuis un moment, avec comme ingrédients des primes à la performance qui n’ont profité qu’à un petit nombre de gens et n’ont pas donné de grands films, des réalisateurs débutants qui obtiennent des millions pour faire leur premier film, des cinéastes confirmés qui voient leurs projets refusés, des films qui coûtent de plus en plus cher… Tant qu’il y avait de l’argent, les plaintes restaient discrètes. Mais la caisse de Téléfilm est vide et tout le monde s’entre-déchire maintenant sur la place publique.

Toute l’attention s’est d’abord portée sur Denise Robert et Denys Arcand qui sont pourtant parmi les rares privilégiés qui ont obtenu des fonds. Mais il leur manque un ou deux millions… Ils disposent pourtant d’un budget de près de 7 millions, ce qui semble maintenant constituer une misère pour un film de Denys Arcand.

Je m’en voudrais de ne pas rappeler ici au passage que Mme Robert (qui a reçu des millions de l’état pour chacun des nombreux films qu’elle a produit ces dernières années) a signé le fameux manifeste des “Lucides” qui disait entre autres choses que les Québécois attendent trop de l’état (!). Je crois qu’elle a égaré sa copie depuis…

Rappeler aussi qu’il fut un temps ou les cinéastes Québécois faisaient leur film coûte que coûte. Ça n’étaient pas des conditions idéales, mais ils se débrouillaient. Il semble que cette époque soit bel et bien révolue.

Cette crise va perdurer un bon moment, mais il y a au moins un bon point dans tout ça. En effet, la mauvaise “performance” des films québécois fera en sorte que moins de gens recevront des primes à la performance. Donc plus d’argent pour le volet sélectif l’année prochaine… Le malheur des uns fait le bonheur des autres.


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© Étienne Goulet   •  Publié à Montréal ( Québec )   •  Réalisé avec WordPress



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