À chaque fois. Oui on nous ressort Big Brother à chaque fois qu’il est question de vidéosurveillance. La semaine dernière c’étaient les caméras dans les rues ou les endroits publics qui ont suscité le débat dans différentes émissions. Cette semaine ce sont les radars photo. La SAAQ songe à en installer sur nos routes. Elle songe aussi à installer des caméras sur certaines intersections pour faire respecter les feux rouges.
Enfin on se décide à faire respecter le code de la route, me suis-je dit. Il était temps. D’autant plus que le bilan routier s’est déterioré cette année.
Mais il n’en fallait pas plus pour ramener Big Brother, l’argument massue des opposants à toute forme de surveillance, ceux pour qui la vie privée semble s’étendre à tout espace public.
Il y a probablement exagération chez ceux qui s’imaginent qu’il se commet un crime à tous les coins de rue et tout autant chez ceux qui pensent que l’état les suit à la trace et épie leurs moindres gestes. Mais la criminalité, le terrorisme et la conduite dangereuse sont de bien plus grandes entraves à notre liberté que Big Brother, qui demeure une menace fictive.
On serait surpris de connaître le nombre de gens qui n’osent pas sortir le soir. Des personnes plus vulnérables, qu’on n’entend pas dans les médias (sauf à l’émission La part des choses vendredi dernier). Des personnes âgées par exemple, ou des gens qui habitent un quartier chaud. Parce-que les gens qu’on entend prendre la défense de la vie privée dans les médias sont souvent des privilégiés, qui habitent des quartiers tranquilles, se déplacent en voiture (et non en transport en commun) et restent généralement à l’abri du danger. Ça change la perception des choses…