Etienne Goulet

4/12/2006

Un beau moment de démagogie

Dimanche soir à Tout le monde en parle, le metteur en scène Yves Desgagnés s’est lui-même mis en scène. Invité à répondre à une citation de Denis Chouinard qui questionnait, comme bien d’autres, son expérience comme réalisateur au moment de faire son premier film, Desgagnés y est allé d’un discours sur le droit de tout être humain de créer. Un bon spectacle si on en juge par les applaudissements. Ne manquait que les larmes et le rideau à la fin…

Pourtant, ce n’est pas le droit de se lancer dans le cinéma ou celui de créer qui est remis en question. Et Yves Desgagnés en est certainement conscient.

Ce qui est remis en question encore une fois c’est le système de financement du cinéma. Le budget moyen d’un long métrage au Québec frise les 5 millions. Ça veut donc dire que chaque film produit coûte en moyenne environ 4 millions de dollars de fonds publics. L’accès de plus en plus difficile à ces fonds n’a rien d’un droit; c’est un privilège de plus en plus rare.

Depuis quelques années, il apparait évident aux yeux de beaucoup que la notoriété d’un réalisateur peut permettre à un producteur d’avoir accès à plus d’argent, plus rapidement et ce même si l’expérience du réalisateur en question est minime. Dit autrement, il semble exister un système à deux vitesses en ce qui concerne l’accès au financement pour un premier ou un deuxième film. Une vitesse rapide quand le réalisateur est connu du public et une vitesse lente quand le réalisateur est encore inconnu.

La question que Denis Chouinard soulevait est la suivante : Comment un réalisateur qui n’a jamais fait de cinéma peut-il avoir accès à des millions pour faire son premier film alors que des dizaines de cinéastes et réalisateurs plus expérimentés et souvent primés ici comme à l’étranger cherchent, sans succès et souvent depuis des années, à obtenir des fonds pour leur premier long métrage ?

Si Yves Desgagnés amène chaque fois le débat sur le terrain du droit d’un individu à créer c’est parce-que ça lui évite de devoir aller au fond d’un débat qui le place dans une position délicate. Hier ça lui a aussi valu, sans surprise, l’approbation de la foule. C’était un beau moment de démagogie.


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24/11/2006

L’affaire Michael Richards

On en parle beaucoup ces jours-ci. Le “Kramer” du sitcom Seinfeld, Michael Richards, a tenu des propos racistes et violents sur scène vendredi dernier. On peut voir le clip consternant ici.

Michael Richards devra faire plus que les excuses qu’il a faites par satellite à l’émission de David Letterman. C’est trop peu et trop facile. On dit qu’il s’est déjà excusé à quelques leaders de la communauté noire et il devrait certainement faire ses excuses aux deux spectateurs qu’il a insulté durant plusieurs longues minutes.

Mais ce ne sera sûrement pas suffisant pour les deux spectateurs insultés. Une avocate opportuniste a déjà mis le grappin sur les deux jeunes hommes et il faudra s’attendre à ce qu’ils tentent d’obtenir des dollars. Car Richards est riche à craquer et tout se paie aux États-Unis, comme on le sait. Qu’importe que le monde entier se soit rangé de leur côté. Quand vient le temps de passer à la caisse, les traumatismes sont profonds et, si possible, irréversibles…

Et puis ce n’est pas tout. Voilà maintenant que deux spectateurs affirment que Richards aurait fait une tirade antisémite. Une humoriste l’accuse aussi d’avoir tenu des propos misogynes.

Et c’est parti. As-t-il insulté les roux ? Ou les Québécois peut-être ?

Vas-t-on déterrer tout ce que Richards a dit sur scène au fil des années ? Combien de victimes le riche humoriste devra-t-il dédommager ?


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29/09/2006

C’est plate… Vite, des pinottes !

Je reprend l’excellent titre d’une lettre écrite par André Habib et publiée dans les journaux ces derniers jours. Elle constitue une réplique assez cinglante aux commentaires de Patrice Sauvé et Patrice Robitaille à Tout le monde en parle dimanche dernier…


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10/09/2006

Code d’éthique publicitaire

L’industrie québécoise de l’alcool songe à adopter un code d’éthique qui interdirait, entre autres, les publicités sexistes et celles qui encouragent la consommation excessive d’alcool. Ce n’est pas une mauvaise idée…

À quand un code d’éthique pour les fabriquants d’automobiles qui interdirait les publicités qui font la promotion de la vitesse excessive et de l’arrogance au volant ?


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11/05/2006

Le site de l’INA

Ouf ! Je brise un mois de silence sur ce blogue pour vanter le site de l’Ina (Institut National de l’Audiovisuel de France) ou on peut fouiller dans les archives de la télévision française. Reportages, entrevues, bulletins de nouvelles… J’espère qu’on aura droit à la même chose ici un jour.


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16/10/2005

Cooper et Landrieu

Durant la crise à la Nouvelle-Orléans, j’avais vu en direct sur CNN une entrevue qui allait me rester en mémoire et qui me sembalit assez révélatrice de la crise qui a suivi Katrina. Cette courte entrevue en direct entre Anderson Cooper et la sénatrice Mary Landrieu a fait beaucoup jaser car Cooper s’est impatienté devant le discours superficiel de la sénatrice qui n’en finissait plus de remercier tous ses collègues… On peut voir avec plaisir ce segment sur le site Crooks and Liars.


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12/05/2005

“OiO” à Radio-Canada

Le film d’animation “OiO” sera présenté à Radio-Canada ce samedi à 21h30. Ce court-métrage de 9 minutes est fait de jets de peinture et a nécéssité 11 ans de travail ! Il sera d’ailleurs suivi d’un documentaire qui suit, année après année, le travail acharné du cinéaste Simon Goulet (aucun lien de parenté connu avec moi).

Lire le communiqué

Voir le site du film


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28/04/2005

La Planque

Ce soir (jeudi) à 19h30 sur ARTV on présente La Planque, un long-métrage québécois réalisé avec un maigre budget de 30 000 $ (de mémoire). Les deux cinéastes qui sont derrière ce film on étudié le cinéma à peu près en même temps que moi à l’Université de Montréal. Je les connais à peine, mais je suis tout de même curieux de voir ce film.

Plus de détails sur le film


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11/04/2005

André Forcier et la colère des cinéastes

J’ai rencontré le cinéaste André Forcier en 1996. Je lui avais téléphoné pour faire une entrevue dans le cadre d’un cours à l’Université de Montréal. Il m’avait invité chez lui au déjeuner, dans la maison qu’il a du vendre depuis pour financer ses deux plus récents longs-métrages. Le personnage était un peu intimidant. Très sérieux lorsqu’il parlait de son travail, plus amical et jovial une fois l’entrevue terminée.

Le Forcier de l’époque était beaucoup plus serein que celui que j’ai lu en entrevue dernièrement et vu ce soir à “Tout le monde en parle". Le cinéaste a du se battre ces dernières années et ça parait. Lorsqu’il a qualifié Charles Binamé de “tâcheron” on a senti un grand malaise tout autour. Le cinéaste est resté en mode combat…

Ca peut sembler excessif, mais les remarques du genre ne sont pas rares dans le milieu du cinéma. Les institutions gouvernementales distribuent des millions et des millions dans le cinéma. Mais cet argent se retrouve dans un nombre de plus en plus petit de mains, notamment à cause de ces primes à la performance que les cinéastes rejettent. J’y reviendrai.

Aussi, le cinéma québécois nouveau (plus populaire et plus “glamour") attire de plus en plus de gens vers la réalisation. Il attire notamment des gens qui ont eu du succès dans d’autres domaines et qui veulent se lancer dans le cinéma. Et il semble qu’avoir un “nom” aide beaucoup quand vient le temps de faire financer un projet de film.

La grogne faisait déjà rage depuis un moment. Elle est sortie au grand jour dernièrement. La plupart des réalisateurs de l’ARRQ (Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec) demandent que les institutions définissent plus clairement l’expérience qui est nécéssaire pour pouvoir faire un long-métrage, que les montants alloués tiennent compte de l’expérience et qu’elles appliquent les mêmes règles pour tout le monde, vedette ou pas…

Ce sont des demandes parfaitement légitimes et nécessaires.

Se sentant visé, Guy A. Lepage a répliqué qu’il avait de l’expérience en réalisation télévisuelle. Tout à fait vrai, mais il est certainement la seule personne au Québec a avoir fait un premier film… avec 5.5 millions de dollars ! Un privilège qui n’est certainement pas accessible à tous.


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10/04/2005

Radio-Canada et le pouvoir de notre argent

Dernièrement, le vice-président à la programmation de TVA a dénoncé Radio-Canada qui utilise ses fonds publics pour offrir des salaires alléchants à des animateurs ou pour damer le pion à ses compétiteurs lors de l’achat de séries. Or, même si lui et moi n’avons vraiment pas les mêmes goûts, je pense qu’il a parfaitement raison de monter au front.

Selon Cyberpresse, Radio-Canada aurait dépensé près d’un demi million pour acheter la séries “Perdus", la version française de “Lost", qui intéressait aussi TVA. Et à peu près le même montant pour la version française de “Desperate Housewives” que voulait acquérir la chaine Séries+. La télévision privée aurait donc présenté les même séries, mais sans que ça coûte un sou en fonds publics. Et dans le cas de TVA, l’accessibilité aurait été la même…

Et ce juste au moment ou on coupe dans Zone Libre. C’est navrant.

Dans le même article on apprend aussi que Radio-Canada donne de généreux salaires à ses animateurs… Mais selon l’agent de l’une d’elle, cela devrait rester privé. Car bien sur, quoi de plus déplacé que de parler de dépenses publiques en public…


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20/02/2005

Le gala du Huard

Réaction à chaud…

En tant qu’animateur du Gala des Jutra, Patrick Huard s’est surtout intéressé à lui-même. La plupart des ses blagues sont tombées à plat. Pire, il a occupé beaucoup trop d’espace, ce qui en a laissé bien peu aux gagnants. C’est pourtant pour eux qu’on fait cette soirée.

Si Patrick Huard voulait prendre la défense des humoristes, il a plutôt bien illustré leur omniprésence. Et la sienne.

Et comme si on n’avait pas eu assez de Patrick Huard sur scène, c’est aussi lui qui jouait dans ces trois courts-métrages insipides (gagnants d’un concours) qui ont été présentés durant la soirée. Comble de l’absurde, on a du comme à chaque année donner des prix hors d’ondes. Dont celui du meilleur court-métrage… Si ce sont les “cinéastes de demain” (comme l’a dit Raymond Bouchard) qui font des courts-métrages, il semble qu’on n’avait pas d’espace pour eux aujourd’hui. Demain on verra.

Consolation, c’est le film de Francis Leclerc, Mémoires Affectives, qui a remporté le Jutra du meilleur film. Ça lui donnera davantage de visibilité. Et puis l’hommage à Michel Brault, grand cinéaste remarquable d’humilité, nous aura fait oublier l’animateur durant un moment…

Est-ce que quelqu’un pourrait offrir beaucoup d’argent à Sylvie Moreau et à François Papineau pour les ramener à l’animation du gala des Jutra ? Le gala de l’année dernière était tellement plus réussi.


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19/01/2005

Les Zapartistes

J’aime les Zapartistes. Même quand leur humour est enseveli sous un message trop lourd, comme c’est parfois le cas à l’émission Il va y avoir du sport, il reste d’une lucidité rassurante dans le paysage actuel. Et ils ont des convictions, ce qui nous laisse espérer qu’ils vont garder le cap, peu importe le succès qu’ils connaîtront dans l’avenir.


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10/01/2005

So long… Tucker !

Le très fendant Tucker Carlson quitte CNN. Le commentateur politique conservateur libertaire au noeud papillon s’est fait virer. Ils manquera beaucoup à tous les canadiens dont il aimait bien se moquer…

CBC News: CNN lets Tucker Carlson go


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