9/09/2008
Il se dit toutes sortes de bêtises sur les récentes coupes en culture, autant du côté des gens qui les défendent que chez ceux qui les subissent…
Jusqu’à maintenant, l’analyse la plus intelligente et la plus lucide sur le sujet vient d’une véritable experte en la matière, soit l’ancienne ministre du Patrimoine, Liza Frulla. Des propos exempts de partisanerie et de démagogie qu’il fait bon lire :
Marc Cassivi : La culture électorale selon Liza Frulla
À lire absolument si on s’intéresse au sujet.
3/06/2008
Tout à fait d’accord avec cette lettre du sociologue Jean-Serge Baribeau publiée dans Le Devoir. Parlant de VLB, il rappelle à ceux qui l’ont oublié ce qu’est la liberté d’expression. Il souligne avec raison que le blâme contre Yves Michaud en 2000 à l’Assemblée Nationale était une sérieuse entorse à la liberté d’expression.
Mais il y a bien pire. En France, l’état peut vous condamner à des amendes ou même à la prison pour avoir exprimé une simple opinion. Baribeau fait référence à Robert Faurisson, condamné il y a une quinzaine d’années pour “contestation de crime contre l’humanité". Mais plus récemment, Jean-Marie Le Pen a été condamné à trois mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende pour ses propos sur l’occupation allemande en France. Il avait qualifié l’occupation de “pas particulièrement inhumaine". Il a été reconnu coupable de “complicité d’apologie de crimes de guerre et de contestation de crime contre l’humanité"…
Quoi qu’on pense du personnage et de ses propos, il me semble inacceptable de condamner quelqu’un pour ce qui n’est d’évidence qu’une opinion. D’autant plus que les mots utilisés n’ont pas une signification précise. Que veut dire “inhumaine” exactement ? Même le “particulièrement” porte a bien des interprétations.
Dans tous les cas, ça reste une opinion et la bêtise de la condamnation et des lois qui en sont à l’origine me dépasse.
Aussi, si Victor Lévy-Beaulieu vivait en France, il serait probablement mis à l’amende pour “incitation à la haine raciale". Je ne blague pas du tout. Mais heureusement, la liberté d’expression se porte un peu mieux ici… Juste un peu.
21/03/2008
Le ministre Raymond Bachand invite les gens à dénoncer les commerces qui ont plus que 4 employés durant les jours fériés…
De quoi les gens doivent-ils se plaindre au juste ? D’avoir été trop bien servis ?! De ne pas avoir attendu en file assez longtemps ?!
11/03/2008
Après les réalisatrices qui se disent victimes de discrimination dans l’industrie du cinéma, c’est au tour des musiciennes de se dire aussi victimes de discrimination dans leur milieu…
Je pense que le fait de se voir comme une victime du système (qu’on le soit véritablement ou pas) nous place dans une position assez rassurante malgré les apparences. Si on réussit c’est parce-qu’on a eu le courage d’affronter un système discriminatoire et on l’a même vaincu. Si on échoue c’est parce-que ce système discriminatoire et injuste et nous a forcé à l’abandon. C’est une position dans laquelle on ne peut jamais vraiment échouer par sa propre faute…
Je ne prétend pas que la discrimination est inexistante dans le milieu du cinéma et de la musique. Mais il faut admettre que le simple fait de croire qu’elle existe peut fournir un formidable alibi pour justifier tout échec. Et les échecs dans ces deux domaines sont forcément plus nombreux que les réussites.
J’ai fait face à plusieurs refus déjà dans le monde du cinéma. Sur le coup, on peste contre le système de financement, les jurys, les comités de sélection, les producteurs ou productrices, etc… Mais n’ayant pas d’arguments valables pour faire de moi une vraie victime, j’ai du me remettre au travail et me dire qu’il fallait faire mieux encore… Ce qui m’apparait plus constructif.
Je ne saurais dire si les arguments avancés par les musiciennes sont convaincants. Ce n’est pas mon domaine. Pour ce qui est des réalisatrices, je ne suis pas convaincu, j’étudie la question… et j’y reviendrai (je dis ça comme si vous étiez impatients de me lire!).
29/02/2008
On commence à réagir vivement au projet de loi C-10… Et on apprend qu’il y aurait derrière ça l’influence d’un groupe chrétien qui estime que Téléfilm ne devrait financer que des films qui se regardent “en famille” (!). Et non, ce n’est pas une fiction :
Industries culturelles : Pas d’argent pour troubler l’ordre public
28/02/2008
Il faut presque se pincer pour croire à cette nouvelle.
Un amendement au projet de loi C-10 permettra au ministère du Patrimoine d’annuler les crédits d’impôts aux projets qui franchiraient “la ligne de la moralité"…
Mais quelle est donc cette ligne ?
Le ministère du Patrimoine précise qu’il s’agit de films qui contiendraient de la pornographie infantile…
Alors que les producteurs de pornographie infantile se le tiennent pour dit ! Pas de crédits d’impôts du fédéral ! On ne rigole pas avec ça au Canada !
On précise aussi “violence gratuite” ou “dénigrement d’un groupe précis” c’est à dire tout et n’importe quoi…
On s’en doute, cette portion de la loi est plutôt théorique. Il y a peu de chances qu’on l’applique. Mais ça ouvre tout de même la porte à la censure…
18/12/2007
Ce matin j’apprend que l’OPC a fixé des nouvelles règles concernant les achats à distance. Les commerçants doivent maintenant fournir (par courriel ou pdf) toutes les informations pertinentes sur le produit. En cas de non respect de ce contrat, le client pourra annuler l’achat. Il pourra également se faire créditer l’achat sur sa carte de crédit si le commerçant ne le rembourse pas. Enfin un peu de ménage dans ce joyeux bordel qu’est le monde de la vente en ligne. À lire ici.
Puis ce soir, j’apprend que la Ministre Julie Boulet ajoute un amendement à son projet de loi sur la sécurité routière pour encadrer les publicités qui font l’éloge de la vitesse (Il était temps !).
Québec confiera donc à la Société de l’assurance automobile du Québec le mandat d’établir les lignes directrices d’une loi interdisant « tout message publicitaire qui témoigne d’une insouciance à l’égard de la sécurité routière en présentant des situations qui encouragent des gestes imprudents, dangereux ou prohibés ».
L’air de rien comme ça, deux petits pas en avant, très concrets… On est bien loin de la tourmente identitaire qui prend toute la place, mais qui ne mène nulle part…
27/11/2007
L’été dernier, j’ai été contacté par le journaliste Marc Lajambe qui cherchait des informations pour deux articles sur l’industrie du cinéma. Il a retenu quelques-uns de mes commentaires dans ses textes. Voici un des deux articles. L’autre n’est disponible que dans la version papier.
19/07/2007
Je n’ai pas abordé le sujet sur ce blogue, mais devant le déluge de bêtises que j’entend et que je lis un peu partout, je ne peux pas ne pas réagir. Trop c’est trop.
Je suis favorable à l’intervention en Afghanistan depuis le début. D’ailleurs, faut-t-il rappeler qu’à cette époque la majorité des Canadiens y étaient favorables ?
Disons les choses comme elles sont, si beaucoup ont changé d’idée c’est parce-qu’ils n’avaient pas pris le temps il y a quelques années de comprendre véritablement le pourquoi de cette mission. Entre un rendez-vous chez le dentiste, une visite au garage et une partie de balle-molle, les Canadiens se sont dit qu’il ne pouvaient pas être contre une belle mission de reconstruction…
Le gouvernement canadien a profité de cette relative indifférence pour éviter le sujet délicat des pertes de vies humaines. La suite nous a fait comprendre pourquoi. Dès les premières pertes, les canadiens étaient déjà prêts à renoncer…
Mais rappelons les faits. Les États-Unis ont été attaqués par un groupe terroriste qui s’entraînait, à ciel ouvert et en toute liberté, en Afghanistan. Pourquoi là ? Parce-que le régime des Talibans est le seul qui leur offrait l’asile. Parce-que le chef des Talibans est un proche de Ben Laden et qu’ils partagent une même haine des États-Unis et de l’occident en général. Le régime des Talibans est donc complice d’Al Quaida et la cible légitime des États-Unis.
Le Canada fait partie de l’OTAN comme les États-Unis. En ce sens, il a des obligations. Venir en aide aux autres pays de l’OTAN fait partie de ses obligations. C’est pour cette raison qu’il s’est engagé aux cotés des États-Unis en Afghanistan. Une intervention légale en regard des lois internationales, faut-il le rappeler encore une fois. Tout État a le droit de se défendre.
Aussi, le fait que le régime des Talibans soit abject n’est pas la cause de cette guerre. Mais cela devrait ajouter à notre détermination à le chasser du pays.
Les Talibans détestent tout ce à quoi nous croyons profondément : la démocratie, l’égalité entre les hommes et les femmes, la liberté d’expression, la libre entreprise, l’éducation laïque, la culture, les sciences, le progrès, les droits de la personne…
Ils n’existent que pour nous détester. Ils sont le fruit de la haine pour l’occident. Et ce n’est pas une image.
Si mettre fin à un tel régime ne constitue pas une motivation, je me demande bien ce qui peut encore nous motiver.
Je respecte les gens qui sont opposés à la mission en Afghanistan. Mais ils pourraient au moins cesser de nous balancer toujours les mêmes clichés sur Bush, le pétrole, la CIA, les marchands d’armes et même les banques… Peut-on quitter ce petit monde manichéen pour se parler entre adultes intelligents ?
Car tout ce qu’on entend ce sont des théories de complots qui impliquent les forces du mal habituelles… Ça devient extrêmement lassant et ça n’apporte rien au débat.
6/07/2007
La ministre Julie Boulet a annoncé une série de mesures pour améliorer le bilan routier au Québec. Je salue l’initiative (qui n’en est pas une en fait) et j’espère qu’elle ne reculera pas devant les pressions de l’industrie du taxi ou celle du camionnage qui voudraient bien rester à l’abri des photo-radars, entre autres… À voir les réactions enthousiastes des chroniqueurs de la presse écrite et de nombre de groupes d’intérêts, j’estime qu’elle aurait bien du mal à reculer. L’appui est presque unanime. L’accueil favorable de ces mesures indique aussi qu’elles pourraient se concrétiser assez rapidement.
Tant mieux. On voit d’ailleurs mal qui pourrait trouver des arguments convaincants pour mettre un frein à ces réformes.
Voici un un extrait du discours de la ministre qui montre que le fatalisme n’a pas sa place en matière de sécurité routière :
En 2006, le taux de décès par 100 000 habitants était de 9,6 au Québec. Si on appliquait le taux de la France au Québec, il y aurait eu 151 décès de moins sur nos routes. Avec le même taux que les Pays-Bas, c’est 392 vies qui auraient été sauvées. En 2005, en appliquant le taux de l’Ontario, le Québec aurait eu 476 morts, ce qui aurait permis de sauver 241 personnes.
Tout reste à faire. Ce n’est qu’un début.
9/06/2007
L’arrondissement ville-marie à Montréal a décidé d’interdire les chiens au Parc Émilie-Gamelin. Ça fait évidemment resurgir le débat sur les jeunes de la rue…
Pour certains, c’est encore une façon d’exclure davantage les jeunes de la rue. Mais faut-t-il tout leur permettre pour qu’ils se sentent acceptés ?
Il est tout de même légitime que l’arrondissement mette en place des règlements pour améliorer la qualité de vie de ses résidents. Il n’y rien de honteux à ce que la mairie se préoccupe d’abord des gens qui habitent ou qui travaillent dans le quartier. Et cette qualité de vie implique des règles à suivre. Le fait d’avoir traversé des épreuves difficiles, comme c’est le cas de beaucoup de jeunes de la rue, ne les soustrait pas aux règles de la vie en société. N’en déplaise aux grands sensibles, qui estiment qu’en tant que “victimes", ils ont tous les droits et aucune responsabilité.
Certains croient que les gens qui habitent au centre-ville (ou même la grande ville) devraient accepter ses désagréments sans trop broncher.
Je crois tout le contraire.
La ville, c’est un endroit créé de toutes pièces pour vivre. Si il y a un endroit ou on devrait pouvoir s’offrir une qualité de vie, c’est bien en ville !
On réussit de peine et de misère à convaincre les gens qu’ils peuvent avoir une vie aussi agréable en ville qu’en banlieue. Mais une fois qu’il s’y établissent, ils n’auraient pas le droit de se plaindre de quoi que ce soit ?
Alors que les gens qui habitent hors des grands centres voudraient avoir accès à tous les services, les gens qui habitent en ville devraient se taire et renoncer à bien vivre ? Quelle absurdité…
20/05/2007
De nouvelles pistes cyclables, le tramway, le prolongement du métro, des rues plus vertes, une circulation apaisée, une charte du piéton… Le maire de Montréal semble avoir vu la lumière ! On croirait entendre Richard Bergeron, mais c’est bel et bien l’actuel maire Gérald Tremblay qui nous propose tous ces projets. Comme s’il venait juste de se rendre compte que l’automobile prend beaucoup trop de place en ville. Il vaut mieux tard que jamais.
Depuis il ne cesse de donner des entrevues ou il parle de qualité de vie, d’environnement, de sécurité pour les piétons et les cyclistes… S’il continue à dire des choses aussi intelligentes, je vais bien finir par regretter d’avoir dit autant de mal de lui lors de la controverse de l’Avenue du Parc (pas tant dans ce blogue que dans le privé).
(ndlr : le titre fait référence à un court métrage de Jean-Claude Lauzon que je n’ai malheureusement jamais vu)
11/04/2007
J’ai vu vendredi dernier le fameux film L’illusion tranquille, un documentaire qui critique durement le fameux modèle québécois. Il s’agit plus d’un pamphlet en fait. Car personne dans ce film ne prend la défense du “modèle” en question. On ne trouve pas beaucoup de place pour les nuances et les illustrations graphiques qui viennent appuyer les propos sont un peu simplistes.
Mais, si le film lui-même a beaucoup de défauts, les problèmes qu’il expose sont bien réels. Il a aussi réussi à alimenter le débat même s’il n’a eu droit qu’à une diffusion restreinte. Étant moi-même plutôt critique du modèle québécois, j’ai apprécié le film, mais je crois qu’un documentaire un peu plus nuancé aurait eu beaucoup plus d’impact.
9/03/2007
Des réalisatrices québécoises ont entrepris une démarche pour dénoncer ce qu’elles voient comme un manque d’équité dans le système de production et de financement du cinéma. Comme je l’ai écrit sur la page ou on peut lire leur lettre et voir les signatures, je comprends qu’elles veuillent amener ce débat sur la place publique, mais j’ai quelques réserves sur les arguments qui sont évoqués dans la lettre.
Je ne suis pas surpris de la forte adhésion à la cause, mais un peu étonné qu’elle soit aussi inconditionnelle. Tous les signataires semblent accepter l’argumentaire de la lettre sans aucune réserve et il n’y a pour l’instant aucun débat. Pourtant, il faudrait davantage de données pour conclure que le système lui-même n’est pas équitable.
Parce-que le système, c’est tous les gens qui travaillent pour les institutions, les gens qui travaillent en production ou en distribution, les médias… Des hommes comme des femmes (et elles sont nombreuses). On ne peut quand-même pas accuser tout ces gens de favoriser les hommes en se basant sur des données incomplètes et des impressions.
D’ailleurs, il y aura certainement une réplique sous peu de la part des institutions. On aura peut-être alors des données plus complètes. Il faut aller au fond de la question. Sur ça, je suis d’accord avec les signataires.
6/03/2007
J’aimerais faire mes premiers commentaires sur la campagne électorale. On m’excusera d’être souvent un peu en retard sur l’actualité, mais la poignée de lecteurs qui me lisent auront compris que je privilégie la qualité à la quantité, ce qui ne veux pas dire que la qualité est toujours au rendez-vous…
Je ne m’étendrai pas sur le fait que les libéraux et les péquistes n’ont rien à dire qu’on n’ait pas déjà entendu mille fois. Très franchement, tant qu’à faire un débat à trois, on aurait pu le faire avec l’ADQ, les Solidaires et les Verts. C’eût été franchement plus intéressant. Ils ont de bonnes ou des mauvaises idées. Mais, au moins, ils ont des idées.
Personnellement, j’appuie les Verts, pas seulement pour la symbolique, mais parce qu’ils proposent d’orienter les actions du gouvernement en fonction du respect de l’environnement, ce qui à mon avis est une nécessité. Tous les partis, à l’exception de l’ADQ qui en parle rarement, disent se préoccuper d’environnement. Mais être préoccupé n’est plus suffisant. Pour moi il est là le projet de société; faire de l’environnement (soit la qualité de vie à long terme) non pas seulement un élément à considérer dans toute décision prise par l’état, mais en faire même une raison d’être de l’état. Et, le Parti Vert est le seul parti à vouloir le faire.
Ce ne sont donc pas tant les idées de gauche qui m’attirent, mais les idées vertes. Je crois davantage à l’interventionnisme “écologique” qu’à l’interventionnisme social, même si l’un n’exclut pas l’autre.
D’ailleurs on commence à avoir une bonne idée de ce que serait un gouvernement “solidaire". Ce serait certainement un gouvernement dépensier. Québec Solidaire vient en effet d’annoncer 6,2 milliards de dépenses supplémentaires (!!!) s’il prend le pouvoir. Et puis ce n’est qu’une prévision. Car ce parti qui prône la compassion et la générosité pour tous les laissés-pour-compte (nombreux selon leurs critères) sera-t-il capable de couper quand ce sera nécessaire, capable de dire non quand il le faudra vraiment ? On peut imaginer les pressions que subirait un gouvernement si généreux et solidaire de la part de ses propres employés ! Sans compter les groupes sociaux, les entreprises en déroute… Quelle serait la limite de ses dépenses ? Je n’ose même pas imaginer. Je vois mal comment on peut gouverner avec le coeur…
1/03/2007
Depuis quelques jours, le Directeur Général des Élections du Québec (DGE) tente de contrôler la diffusion de messages à caractère politique sur des sites comme YouTube. Pourtant sa position est indéfendable. Parce-que si un citoyen a le droit d’exprimer ses opinions politiques avec un crayon, il a le droit de le faire aussi avec une caméra. Ce n’est qu’une autre forme d’écriture après tout. Il serait peut-être temps que le DGE revienne à la raison…
16/02/2007
Aujourd’hui j’apprend que trois des principaux refuges pour sans-abris de Montréal (La Maison du Père, la Mission Bon Accueil et la Mission Old Brewery) ne reçoivent que 1,1 million du gouvernement provincial. Je note que ce n’est pas beaucoup plus que ce que reçoit la gouverneure générale Lise Thibeault chaque année pour ses dépenses. Quelle absurdité.
9/02/2007
Martin Bilodeau du Devoir estime que la décision de rendre permanente l’aide 10 millions pour le cinéma québécois est une décision paresseuse. Je suis plutôt d’accord. Mais il souligne aussi dans son article que la ministre était accompagnée des “principaux bénéficiares” de sa décision. C’est tout à fait vrai et il faut le souligner.
Comme celles (car il n’y a que les femmes qui deviennent ministre de la culture dans ce pays) qui l’ont précédée, la ministre répète le mot “créateurs” à toute les deux minutes dans ses discours, mais quand vient le temps de prendre des décisions, c’est avec les producteurs et les diffuseurs qu’elle discute et elle agit d’abord en fonction de leurs intérêts, pas ceux des créateurs.
31/01/2007
Il faudrait du courage politique pour s’attaquer sérieusement au problème de la sécurité routière au Québec. La France a osé le faire ces dernières années en installant des radars-photo. Mais le gouvernement libéral a très peur de la grogne alors on se contentera comme d’habitude de lancer quelques publicités sanglantes sous prétexte qu’il vaut mieux prévenir que sévir… Quelle paresse et quelle lâcheté encore une fois.
J’aime bien ce débat entre les solidaires et les lucides, parce-qu’il nous éloigne momentanément du débat sur la souveraineté (si débat il y a). Un sondage Crop, rendu public il y a deux semaines, ramenait ce débat à l’avant-plan. Je voulais profiter de l’occasion de l’occasion pour partager mon point de vue, qui se trouve quelque part au centre, mais qui tend tout de même un peu vers les lucides, ne serait-ce que parce-que la lucidité est plus difficile à “vendre” que la solidarité, qui fait appel à nos émotions… Je n’ai pas eu le temps de terminer ce texte alors je le fais maintenant.
Je reprend donc les propos de Claude Béland sur ce sondage, parce-qu’ils représentent bien le point de vue des “solidaires", pour en faire par la suite une analyse toute personnelle :
« Lorsqu’on est du côté des riches, fait-il remarquer, on trouve qu’il y a des problèmes, mais quand on est du côté des perdants on trouve qu’il y a beaucoup d’argent pour les guerres, pour les hauts dirigeants d’entreprises qui gagnent de 800 à 900 fois plus que la moyenne des salaires, pour les subventions à gauche et à droite en campagne électorale », affirme M. Béland, qui ajoute que « les gens disent, et le sondage le reflète, que des sous il y en a, ils sont peut-être mal partagés. »
(source : Radio-Canada)
D’abord on remarque qu’il y a les riches d’un coté et les perdants de l’autre. C’est pour simplifier bien sur, mais ce n’est pas sans signification. On retrouve souvent cette division très marquée chez les “solidaires” qui trahit une vision très manichéenne de la société et qui ne nous ferait presque oublier que la majorité des Québécois vivent très convenablement et ne sont donc ni des riches ni des perdants.
Mais parler de gagnants (ou riches) et de perdants rappelle aussi un jeu et laisse entendre que c’est surtout la chance qui détermine le statut économique d’une personne. C’est parfois vrai, mais c’est encore plus souvent faux. Pourtant l’idée que la chance soit l’élément déterminant renforce le sentiment d’injustice chez tous ceux qui se considèrent malchanceux et par le fait même victimes d’un jeu bien cruel.
Pour ce qui est des salaires de hauts dirigeants et des subventions à gauche et à droite, M. Béland (lui-même fort bien nanti) n’a pas tort : il y a là de l’argent mal distribué. Mais il n’y pas là de quoi se payer des services publics…
En ce sens, je suis de plus en plus en accord avec les gens qui remettent en question l’universalité de certains programmes sociaux. Aider tout le monde coûte cher. Aider ceux qui en ont besoin serait plus utile et moins coûteux. En ce sens, je crois qu’il faut lire la chronique d’Alain Dubuc sur la question avant qu’elle ne soit plus accessible (elle date du 21 janvier).
24/12/2006
Je viens de découvrir Gauche Floue, le blogue d’Yvan St-Pierre. On peut y lire un article qui décrit parfaitement un phénomène que je trouve un peu inquiétant, en tant que cinéaste en devenir, mais aussi en tant que citoyen. Il s’agit du conformisme politique des artistes. Car on sait que, chez les artistes, il y a les souverainistes et les gauchistes d’un coté… Et ceux qui se taisent de l’autre !
Je pensais écrire un article sur le sujet, mais j’aime tellement l’analyse d’Yvan St-Pierre que je vais, en toute humilité (une fois n’est pas coutume), lui laisser la parole et vous laisser lire son texte…
2/11/2006
Ça va mal pour le projet de changement de nom de l’Avenue du Parc et je m’en réjouis. Helen Fotopoulos, la mairesse de l’arrondissement Plateau-Mont-Royal, a changé d’idée et votera contre le projet. Même chose pour les conseillers municipaux du Plateau (dont Richard Bergeron). Maintenant on apprend que les conseillers et maires de l’opposition vont tous voter contre (voir Le projet perd des plumes). Cela fait donc environ 25 opposants sur les 64 qui voteront à la fin du mois. Il reste donc aux Montréalais qui s’y opposent aussi à contacter leurs élus, à commencer par ceux de l’arrondissement Ville-Marie qui eux n’ont pas encore changé d’idée…
25/10/2006
Une pétition pour conserver le nom “Avenue du Parc” à Montréal. Car on cherche à lui donner le nom de Robert-Bourassa.
Personnellement je crois qu’on devrait plutôt créer un espace vert ou une place publique pour lui rendre hommage… et laisser nos rues en paix !
Comments Off
20/10/2006
À l’exception des industriels du secteur de l’énergie, on ne trouve à peu près personne au pays pour dire du bien à propos de la Loi canadienne sur la qualité de l’air qui a été présentée hier par la ministre Rona Ambrose. Même Don Martin du National Post, qui n’est pas très pro-Kyoto, trouve que les conservateurs en font bien peu. En gros, la loi propose surtout des objectifs à long terme, allant jusqu’à 2050 (!). Les objectifs à court terme sont modestes et bien vagues. Elle propose aussi de nouvelles consultations… Misère. Tout pour gagner du temps et nier l’urgence. Pourquoi faire maintenant ce qu’on peut remettre à dans 44 ans ? Heureusement, cette loi est D.O.A. comme disent les anglophones (Dead on arrival) car les partis d’opposition sont tous contre. Mais le simple fait qu’on ait pu croire qu’elle pouvait satisfaire les Canadiens est une grave insulte à leur intelligence.
Article du Devoir
17/09/2006
Un dossier intéressant du Journal de Montréal sur le vol de vélos, un véritable fléau à Montréal.
16/09/2006
On dit que rien ne peut mettre totalement à l’abri d’un événement comme la fusillade au Collège Dawson. C’est vrai. De là à prétendre qu’il n’y a pas grand chose à faire et que le mal existera toujours, comme certains le font, il y a un grand pas que je ne franchirai jamais.
Au départ, si une de vos connaissances s’achète une arme semi-automatique et prétend qu’on va bientôt parler de lui à CNN, ce n’est sûrement pas parce qu’il croit être sur le point de découvrir un nouveau vaccin. On entend trop souvent les proches de l’assassin dire “je ne pensais pas qu’il était sérieux” après une fusillade de ce genre. Pour ne pas dire à chaque fois. Il serait peut-être temps qu’on cesse de prendre à la légère ce genre d’attitude.
Aussi, à ce que je sache, le droit de posséder des armes n’existe pas au Canada. Ce serait plutôt un privilège. Il serait peut-être démesuré d’interdire à tout citoyen de posséder une arme à feu, mais on pourrait à toute le moins interdire les armes semi-automatiques. Faute de pouvoir empêcher les individus de tuer, on pourrait au moins les empêcher de le faire efficacement et rapidement. Ce serait la moindre des choses…
Aussi, les policiers étaient tout proches du Collège Dawson quand la fusillade a commencé et l’établissement est situé en plein centre-ville de Montréal. Reste que le tireur, Kimveer Gill, a réussi à faire bien des victimes, même avec les policiers à ses trousses. Si certaines leçons ont été tirées de Polytechnique, on peut difficilement croire qu’il n’y a plus rien à faire pour rendre encore plus efficace ce type intervention, considérant toutes les technologies qui existent aujourd’hui. Si ce type d’événement survient dans un endroit plus isolé dans l’avenir et que la chance n’est pas au rendez-vous, est-ce que l’intervention sera aussi efficace qu’elle l’a été mercredi dernier ?
10/09/2006
L’industrie québécoise de l’alcool songe à adopter un code d’éthique qui interdirait, entre autres, les publicités sexistes et celles qui encouragent la consommation excessive d’alcool. Ce n’est pas une mauvaise idée…
À quand un code d’éthique pour les fabriquants d’automobiles qui interdirait les publicités qui font la promotion de la vitesse excessive et de l’arrogance au volant ?
8/08/2006
Le petit film Al Gore’s Penguin Army diffusé sur youtube.com passe pour un petit film amateur qui parodie le film d’Al Gore. Mais en fait, selon un journaliste du Wall Street Journal, le film a été créé par une firme de relations publiques et de lobbying de Washington, proche des républicains. Elle compte aussi parmi ses clients (oh surprise !) la pétrolière Exxon Mobil… C’est d’autant plus pathétique que ce petit film de 2 minutes est parfaitement idiot. Il fallait qu’il ait l’air authentique…
31/07/2006
La campagne irrepressible.info est menée par Amnesty International. Les participants ajoutent sur leur site une bannière qui affiche un court extrait d’un texte censuré dans certains pays. La mienne est en bas à droite.
21/06/2006
Dans La Presse Affaires, je suis tombé sur un article intitulé Les banlieues sont bonnes pour l’économie (accessible aux abonnés) qui parle de l’étude d’un certain Wendell Cox qui est présenté comme chercheur et directeur d’un institut de recherche en démographie. Cette étude qui fait l’apologie de l’étalement urbain (oui vous avez bien lu) a été préparée pour l’Institut économique de Montréal.
On croirait presque qu’il s’agit d’une blague. Cox va même jusqu’à critiquer Toronto pour avoir établi une ceinture verte autour de la ville ! J’ai donc cherché quelques renseignements sur ce Wendell Cox. D’abord il est connu comme opposant au transport en commun. Mais il semble qu’il a aussi défendu par le passé les intérêts de constructeurs de routes. Il est également lié au Heartland Institute, un organisme de droite qui s’obstine à minimiser l’impact des changements climatiques et qui serait, selon plusieurs sources, financé en partie par l’industrie du pétrole (Exxon).
Or l’article de La Presse Affaires le présente comme un simple chercheur… Heureusement, Le Devoir a publié un article beaucoup plus critique ce matin.
Voici en terminant l’étude en question sur le site du très objectif Institut Économique de Montréal…
22/03/2006
L’assemblée nationale tient en ce moment une commission sur la sécurité routière avec une consultation en ligne concernant le cellulaire au volant, la vitesse excessive, les motocyclistes et les conditions hivernales. Toutes des choses que l’on apprécie grandement. C’est le moment de le faire savoir…
25/02/2006
Une pétition pour la protection de la forêt boréale au Québec. Elle a recueilli près de 118 000 signatures à ce jour…
17/02/2006
L’histoire des partys osés de l’université McGill semble exciter les journalistes au moins autant que les étudiants qui y participent. Devant ce genre d’histoires, ils sont comme des enfants dans un magasin de jouets.
Pour les groupes de femmes (le conseil du statut de la femme, entre autres), ces étudiantes qui se dénudent ne sont que les dernières victimes d’un vaste complot ourdi par des hommes sans scrupules, complot qui vise bien entendu à réduire la femme à l’état de marchandise. Je jurerais avoir déjà entendu ça quelque part.
Je n’ai pourtant aucun mal à imaginer que ces étudiantes se sont prêtées à ces jeux (car c’est bien de cela dont on parle) de façon tout à fait volontaire, tout comme leurs collègues masculins. N’est ce pas un bon exemple de l’égalité des sexes ? Les femmes ne sont plus forcées d’être raisonnables à tout moment. Elles peuvent faire les même folies que les hommes. Ça m’apparait à moi comme étant positif.
Les sexologues interrogées (notez le second e) dans les médias (toujours les mêmes, pour ne pas dire la même) nous répètent une fois de plus que ce genre d’activités banalise la sexualité. Or si la sexualité est de plus en plus banalisée, comme on le dit, pourquoi ces événements font-ils autant de bruit ?
13/01/2006
Le blogue de MAF est un blogue qui traite surtout de politique. Il est publié par mon cousin et très bien alimenté durant cette campagne électorale.
Oui, c’est difficile à croire. Ils ont tellement l’air sympathiques. Et pourtant, le Japon applique bel et bien la peine de mort. On y pense et on oublie, mais avant d’oublier pourquoi ne pas faire part de notre opinion aux autorités concernées en visitant cette page.
15/12/2005
Un homme comparait en cour municipale à Laval pour harcèlement criminel à l’endroit d’une policière. Il écope d’une amende de 500$, soit à peu près ce qu’il aurait eu s’il avait sorti ses poubelles un peu trop tôt… Le juge lui interdit aussi de posséder une arme à feu. Ah non pardon, c’est la période de chasse. Le juge, un grand sensible, accorde donc une permission à monsieur pour qu’il garde sa carabine 7mm. Pour le gros gibier donc. Mais c’est une policière (une autre) de 25 ans, Valérie Gignac, qui en a fait les frais. Elle est décédée hier.
Il semble que même un danger public ne peut être privé du droit de chasser. Un droit fondamental, cela va de soi, que même la possibilité imminente d’un carnage ne saurait remettre en question…
23/11/2005
Voici une pétition en appui à ce refuge pour itinérants de Montréal qui manque de fonds.
15/11/2005
Une entrevue intéressante avec le chef de Projet Montréal.
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8/11/2005
Je suis impressionné par la performance de Projet Montréal aux élections municipales de dimanche dernier. Le parti a obtenu près de 9% du vote et réussi à faire élire un conseiller de ville et une conseillère d’arrondissement sur le Plateau (District Delorimier). En plus, le conseiller de ville élu, Carl Boileau, est le colistier de Richard Bergeron. Le chef pourra donc faire son entrée au conseil et courtiser les autres conseillers. Car une fois Pierre Bourque parti, certains élus de Vision Montréal (qui n’a pas de vision) seront peut-être tentés de faire le saut vers Projet Montréal… Ça promet pour les élections de 2009.
6/10/2005
À chaque fois. Oui on nous ressort Big Brother à chaque fois qu’il est question de vidéosurveillance. La semaine dernière c’étaient les caméras dans les rues ou les endroits publics qui ont suscité le débat dans différentes émissions. Cette semaine ce sont les radars photo. La SAAQ songe à en installer sur nos routes. Elle songe aussi à installer des caméras sur certaines intersections pour faire respecter les feux rouges.
Enfin on se décide à faire respecter le code de la route, me suis-je dit. Il était temps. D’autant plus que le bilan routier s’est déterioré cette année.
Mais il n’en fallait pas plus pour ramener Big Brother, l’argument massue des opposants à toute forme de surveillance, ceux pour qui la vie privée semble s’étendre à tout espace public.
Il y a probablement exagération chez ceux qui s’imaginent qu’il se commet un crime à tous les coins de rue et tout autant chez ceux qui pensent que l’état les suit à la trace et épie leurs moindres gestes. Mais la criminalité, le terrorisme et la conduite dangereuse sont de bien plus grandes entraves à notre liberté que Big Brother, qui demeure une menace fictive.
On serait surpris de connaître le nombre de gens qui n’osent pas sortir le soir. Des personnes plus vulnérables, qu’on n’entend pas dans les médias (sauf à l’émission La part des choses vendredi dernier). Des personnes âgées par exemple, ou des gens qui habitent un quartier chaud. Parce-que les gens qu’on entend prendre la défense de la vie privée dans les médias sont souvent des privilégiés, qui habitent des quartiers tranquilles, se déplacent en voiture (et non en transport en commun) et restent généralement à l’abri du danger. Ça change la perception des choses…
Une entrevue avec Richard Bergeron, le chef du parti Projet Montréal.
2/10/2005
Je suis plutôt favorable à la philosophie “verte” en politique qui ne suppose pas seulement le respect de l’environnement, mais une autre façon de vivre.
Or, ça m’attriste de voir que le Parti vert du Québec semble aller nulle part. Son site internet est fort probablement le meilleur moyen de promotion qui soit à sa portée. Pourtant, il laisse une impression d’amateurisme qui étonne quand on pense que même le plus obscur des groupes de pression arrive généralement à mettre en ligne un site digne de mention.
Même le Bloc Pot apparait plus ambitieux et mieux organisé que le parti vert… Il arrive même à faire parler de lui de temps à autre !
8/09/2005
Un article intéressant sur les voitures hybrides “branchées", qui pourraient apparaitre sur le marché dans les prochaines années.
7/09/2005
Je lis depuis un moment les articles de Gilles Guénette sur le Québécois Libre, un webzine libertarien. Je n’adhère pas vraiment à cette pensée qui préconise un désengagement presque total de l’état au profit de libertés individuelles, mais ici au Québec je trouve que ça fait un contrepoids intéressant à des idées reçues qui sont rarement remises en question. Et puis j’ai toujours apprécié les gens qui disent tout haut ce que les autres n’osent même pas penser.
Guénette s’intéresse particulièrement à la culture et aux médias. Il semble plus nuancé que la plupart de ses collègues, même s’il ne connait (heureusement) pas la rectitude politique. Ses analyses sont généralement intéressantes et réfléchies, qu’on soit en accord ou pas avec ses opinions. Puis j’admet que ses moqueries sur l’interventionnisme de l’état Québécois, le langage alarmiste ou naïf des groupes sociaux et même ses critiques qui portent sur les artistes me font sourire. Il n’a pas tout à fait tort…
27/08/2005
Projet Montréal est un nouveau parti municipal auquel je viens tout juste d’adhérer. Un parti qui mise sur le transport en commun, le développement durable et qui propose des solutions audacieuses pour rehausser la qualité de vie des citoyens de Montréal. Je sonne un peu comme un porte-parole alors faites vous plutôt une idée en visitant le site, qui est très bien fait.
18/08/2005
La nouvelle gouverneure générale Michaëlle Jean et son mari Jean-Daniel Lafond ont manifestement été favorables à la souveraineté dans le passé. Leurs déclarations à ce sujet sont publiques et documentées. Malgré ça, ils ont le droit de changer d’idée, c’est indéniable. Ils n’auraient eu qu’à donner cette explication et la controverse aurait cessé.
Mais ils ont plutôt choisi de nier. Ça m’apparait comme un mensonge à moi, mais il semble qu’en politique ça s’appelle une conclusion. Car en effet tous les chefs des partis d’opposition jugent que cette explication est suffisante pour clore le débat, démontrant du même coup toute l’importance qu’ils accordent à la recherche de la vérité.
3/05/2005
Voilà une pétition pour l’abandon du projet de prolongement de l’autoroute 25, un projet qui va provoquer 150 000 mouvements de véhicules de plus selon le Conseil régional de l’environnement de Montréal.
20/04/2005
J’ai assisté aujourd’hui aux audiences de Patrimoine Canada sur l’avenir de l’industrie cinématographique. Les cinéastes Bernard Émond et Catherine Martin y ont présenté la lettre des “cinéastes en colère” parue dans Le Devoir en décembre 2003. Cette lettre dénonce les primes à la performance versées par Téléfilm Canada. Je fait partie des signataires.
Les primes à la performance, ce sont des montants remis par cette institution gouvernementale à des producteurs dont les films on fait de bonnes recettes au guichet. Inutile de dire que ces “récompenses” sont un incitatif à faire des films très “vendables” et que beaucoup craignent, à juste titre, que ça ne mette en péril le cinéma d’auteur. Mais il y a plus que ça.
En fait, le cinéma d’ici est financé essentiellement par des fonds publics (à 85% environ). Sauf exceptions, ces fonds ne sont jamais remboursés. Car au départ 50% des recettes vont aux exploitants de salles. Du 50% qui reste le distributeur doit récupérer ses dépenses de promotion (qui peuvent dépasser le million pour une grosse production) et son investissement initial dans la production (environ 10% des coûts de production). Il se prend ensuite une commission de 35% (c’est une norme de l’industrie). Les institutions ne récupèrent ensuite que la moitié de la somme qui reste alors qu’elles ont financé le film à environ 65%.
Sauf exception (dans le cas d’un succès international) c’est donc à perte que l’état finance le cinéma. Le seuls qui peuvent véritablement en tirer profit sont les distributeurs (quand les recettes sont très bonnes) et les producteurs (quand les recettes sont vraiment très bonnes). Dans ce contexte, verser des primes à la performance aux producteurs ne fait pas de sens. Sans compter que cela leur permet de faire des films avec des fonds publics sans avoir de comptes à rendre. Et ça ne fait pas de sens non plus pour le public, à qui on demande de payer plusieurs fois pour le même film (production, billet, récompense)…
Cela étant dit, pour revenir à l’audience, aucune des personnes qui posaient les questions (commissaires ?) ne parlait le français semble-t-il. Ce qui a donné un drôle d’échange… Ce fut tout de même constructif à mon avis. C’est à suivre…
Lire la lettre des cinéastes en colère
10/04/2005
Dernièrement, le vice-président à la programmation de TVA a dénoncé Radio-Canada qui utilise ses fonds publics pour offrir des salaires alléchants à des animateurs ou pour damer le pion à ses compétiteurs lors de l’achat de séries. Or, même si lui et moi n’avons vraiment pas les mêmes goûts, je pense qu’il a parfaitement raison de monter au front.
Selon Cyberpresse, Radio-Canada aurait dépensé près d’un demi million pour acheter la séries “Perdus", la version française de “Lost", qui intéressait aussi TVA. Et à peu près le même montant pour la version française de “Desperate Housewives” que voulait acquérir la chaine Séries+. La télévision privée aurait donc présenté les même séries, mais sans que ça coûte un sou en fonds publics. Et dans le cas de TVA, l’accessibilité aurait été la même…
Et ce juste au moment ou on coupe dans Zone Libre. C’est navrant.
Dans le même article on apprend aussi que Radio-Canada donne de généreux salaires à ses animateurs… Mais selon l’agent de l’une d’elle, cela devrait rester privé. Car bien sur, quoi de plus déplacé que de parler de dépenses publiques en public…
23/03/2005
Merci à Marc-Antoine pour sa contribution sur Jeff Fillion. Car effectivement, les membres peuvent aussi publier des articles. Pour ma part, je reviens sous peu…
22/03/2005
Par Marc-Antoine
On compare souvent Jeff Fillion aux libertariens, ces gens qui désirent que le rôle de l’État soit réduit à son strict minimum, afin de maximiser les actions individuelles et le développement d’un libre marché « à la Adam Smith ». Ces revendications sont faites au nom d’une liberté individuelle qui nous donnerait le droit de devenir souverains sur notre corps, sans être soumis à des lois imposées par une élite qui ne nous représente pas.
Lorsque l’instance étatique qu’est le CRTC veut faire taire un animateur aux tendances libertariennes, il n’est donc pas étonnant de voir ses auditeurs sortir dans la rue pour dénoncer Big brother.
La logique libertarienne amène les individus à tout faire pour régler leurs problèmes sans aide extérieure, dans un premier temps, et à intenter des poursuites devant les tribunaux en dernier recours. (le recours aux instances législatives et exécutives, tel le CRTC, serait à bannir). Jeff Fillion avait, jusqu’au procès de Sophie Chiasson, réglé les cas à l’amiable, sans se rendre à « l’étape ultime ».
La logique libertarienne voudrait aussi que ce soit les règles du marché qui régissent la pertinence de garder ou non un animateur en ondes. Les cotes d’écoute et les annonceurs deviennent donc les grands patrons.
C’est carrément cette logique qui a provoqué le départ de Jeff Fillion. En s’en prenant à une présentatrice météo qui ne fait pas partie de l’élite “crasse” dénoncée jour après jour par l’animateur de Québec, ce dernier a perdu une bonne partie de son appui populaire et celui… des annonceurs.
En plus de cela, l’assurance (privée) qui permettait de dédommager victimes ne tiendra plus pour payer les dommages fait à Sophie Chiasson. Comme le disent si bien leurs défendeurs, les compagnies d’assurances veulent faire du profit, on ne leur demandera quand même pas de devenir des œuvres de charité !
Quant à la poursuite de Sophie Chiasson, Jeff Fillion devrait être content de voir qu’elle pris ses responsabilités, et qu’elle ne lui a pas fait face par l’entremise du CRTC. Sa joie a certainement été de courte durée, car au bout du compte, il n’aura pas survécu à son premier vrai procès… « Poursuivez-moi », qu’il disait…
Au bout du compte, ce n’est pas donc pas l’État qui aura fait taire Jeff Fillion, mais plutôt les grands principes qu’il prône lui-même. Le couperet n’est finalement pas venu du CRTC, et les gens qui crient encore à la censure sont minoritaires. Les libertariens ont vu que leurs propres principes ont des limites. Même si nous vivions dans un régime d’État minimal, la liberté d’expression se limiterait là où elle affecte autrui.
Tiens, dans ma dernière phrase, j’ai l’impression de citer indirectement John Stuart Mills, philosophe qui semble inspirer grandement… les libertariens. Du moins, les plus philosophes d’entre-eux, pas ceux qui nuisent à leurs mouvements en les faisant passer pour des post-adolescents à casquette. Le niveau de langage et de savoir-vivre de ces gens est demeuré à un niveau si primaire qu’on les regarde davantage comme étant des imbéciles plutôt que les défenseurs d’une quelconque idéologie…
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23/01/2005
Le gouvernement fédéral n’a pris jusqu’à ce jour que des moyens plutôt timides pour faire respecter l’accord de Kyoto. Il s’apprêterait à annoncer des mesures un peu plus énergiques, ayant enfin réalisé que le plan initial ne donnera pas de résultats.
Une des mesures mises en place est ce fameux “Défi d’une tonne", dont le comédien Pierre Lebeau fait la promotion à la télévision et qui s’adresse bien sur à vous et à moi.
En dehors de son apparente inefficacité, il y a quelque chose qui m’agace profondément dans ce défi d’une tonne; c’est un plan fait sur mesure pour que personne ne soit pointé du doigt. Que vous soyez un petit ou un grand producteur de gaz à effet de serre, que vous fassiez des efforts depuis longtemps ou que vous n’en ayez jamais fait, la tâche est la même. C’est une tonne pour tout le monde ! C’est tellement plus simple. De cette façon, on évite de remettre en question nos actions et notre mode de vie…
Dans le même esprit, je propose au gouvernement fédéral un plan pour contrer l’embonpoint. Selon ce plan, chaque Canadien devra perdre dix livres, ce qui devrait rapidement faire diminuer la moyenne de poids nationale.
19/01/2005
J’aime les Zapartistes. Même quand leur humour est enseveli sous un message trop lourd, comme c’est parfois le cas à l’émission Il va y avoir du sport, il reste d’une lucidité rassurante dans le paysage actuel. Et ils ont des convictions, ce qui nous laisse espérer qu’ils vont garder le cap, peu importe le succès qu’ils connaîtront dans l’avenir.
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